
Velogreen.fr & Levelographe.fr : L’arnaque des sites internet en 2026
Un site web du nom de velogreen.fr, fiable d’apparence, est aujourd’hui l’auteur d’une arnaque à grande échelle, avec de nombreuses victimes en quête de réparation.
Après plus de 6 mois de vie active (les plaintes ont commencé en novembre 2025), c’est seulement mi-avril 2026 que le site semble avoir fermé.
Ce site litigieux disposait d’une interface développée, poussant le marketing de la page à son paroxysme. Des centaines de vélos différents y étaient référencés appuyant la crédibilité de son activité marchande.
La confusion opérait notamment sur le développement des mentions légales et du service client. Un numéro de téléphone (non attribué), l’adresse postale, le numéro Siret et un Kbis appartenant à une tout autre entreprise n’ayant aucun lien avec velogreen.fr : levelographe.fr.
De nombreuses victimes ont donc contacté le responsable de la boutique levelographe.fr en pensant se plaindre de la prestation de velogreen. Richard, le responsable du site levelographe.fr se prononce le 21 novembre 2025 en dénonçant l’arnaque.
Et si vous étiez à leurs places ?
Vous êtes un consommateur victime
Vous arrivez sur un site lambda, vous passez commande, vous recevez un bon de commande, un suivi de commande etc… Vous vous apercevez au bout d’un mois que la commande n’arrivera jamais. Le bon de commande n’existait pas, le service client redirige vers un numéro non attribué, en somme, vous êtes victime d’une arnaque.
Comment réagir le plus efficacement possible?
A titre liminaire, il n’est pas inutile de rappeler qu’il est nécessaire de se fier aux avis en ligne lorsque vous commandez sur un nouveau site. Avoir connaissance de ce genre d’avis avant d’effectuer une commande pourrait vous remettre en question sur la fiabilité du prestataire.

Si toutefois commande est passée, contactez votre banque pour bloquer le virement, bien qu’il n’y a aucune garantie qu’une solution existe.
D’autres solutions juridiques sont possibles afin de riposter à ces pratiques illégales :
Action administrative
Il est possible de faire une plainte auprès du service Signal Conso pour signaler le site frauduleux. Dès lors que plusieurs plaintes sont faites à l’encontre du même site, les moyens d’actions seront plus important et l’urgence peut se caractériser.
Ce n’est ni une action pénale, ni une action civile mais permet de signaler en premier l’activité frauduleuse du site en question afin qu’il puisse être fermé le plus rapidement possible.
Action pénale
Ce genre de schéma illicite ouvre le questionnement de potentielles poursuites pénales. Dans le cas de l’affaire velogreen (ce ne sont que des propositions mais aucune caractérisation ni action pénale n’a été intentée à notre échelle d’information), l’infraction d’escroquerie pourrait être retenue.
L’article 313-1 du Code pénal définit l’escroquerie comme : Le fait, par l’usage d’un faux nom ou d’une fausse qualité, ou par l’emploi de manœuvres frauduleuses, de tromper une personne physique ou morale, et de la déterminer ainsi à remettre des fonds, un bien ou à fournir un service
Dès lors, pour que l’escroquerie soit constituée, il faut réunir 3 conditions cumulatives :
- Une manœuvre frauduleuse (dans notre cas la manipulation des mentions légales, la création d’un faux site, de faux bons de commandes et d’un faux service client)
- Une tromperie qui induit la victime en erreur (dans notre cas la légitimité du site web induit les consommateurs à commander)
- Un préjudice (dans notre cas le préjudice économique, achat d’une prestation sans jamais en recevoir la contrepartie)
L’auteur de l’infraction encourt jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende.
Vous êtes un site victime connexe
Le référé pour pallier à l’urgence
Les procédures judiciaires prennent généralement du temps. Le dommage a le temps d’arriver et les conséquences en sont parfois insurmontables. Le code de procédure civile a mis en place un dispositif d’urgence dès lors que certaines conditions sont réunies. Il s’agit du mécanisme de référé permettant d’obtenir une mesure provisoire afin de stopper le dommage imminent ou bien faire cesser un trouble. Les référés ne règlent pas de façon définitive le litige mais permet une sorte de gel de la situation afin d’éviter l’aggravation.
L’article 835 du code de procédure civile paragraphe 1 dispose du référé conservatoire lorsqu’il existe un dommage imminent ou un trouble manifestement illicite, et ce même en présence d’une contestation sérieuse.
Ce référé impose la condition d’un dommage imminent ou un trouble manifestement illicite. La jurisprudence est venue encadrer cette notion afin de cantonner l’usage de ce référé à des situations d’urgences justifiées. Dès lors, il faut que ce trouble manifestement illicite décrive une situation évidente de violation de droit et justifiant l’intervention rapide d’un juge.
Dans le cas de l’affaire velogreen.fr, il s’agit d’un trouble manifestement illicite. Le montage illicite du site, l’arnaque préméditée, l’escroquerie (bien que non qualifiée pénalement), une multitude de consommateurs lésés ainsi qu’un concurrent (ici levelographe.fr) malhonnêtement pris comme instigateur de l’arnaque du fait de l’usurpation d’identité au niveau des mentions légales, devraient justifier ce caractère d’urgence et de trouble illicite.
En amont de ce référé, il est possible de l’allier à d’autres dispositifs juridiques afin de rendre votre défense plus ferme et efficace (notamment par l’injonction du Règlement sur les services numériques de l’Union Européenne).
L’injonction du Règlement RSN/DSA
Le Règlement sur les services numériques (RSN) ou Digital Services Act (DSA) vise à encadrer les activités des fournisseurs de service intermédiaires numériques, dont font partie les plateformes en ligne. Afin d’illustrer le plus clairement le mécanisme d’injonction, prenons en cas d’espèce l’affaire velogreen.fr & levelographe.fr.
Dans un premier temps, il s’agit de déterminer si le règlement est applicable au site velogreen.fr.
L’article 2 du RSN dispose qu’il s’applique aux services intermédiaires proposés aux destinataires du service dont le lieu d’établissement est situé dans l’Union.
Ici, la réponse est claire, le site velogreen.fr vise un public français :
- Langue française, prix en euros, livraison en France, mentions légales d’un SIREN français (levelographe.fr) etc.
Dès lors, le RSN vise les services intermédiaires impliqués dans la diffusion du site litigieux. Toutefois, le site velogreen.fr n’est pas un service intermédiaire mais un éditeur, fournisseur de contenu. Le RSN s’adresse donc directement aux plateformes d’hébergement, au registrar englobant le site illicite.
- Le registrar, OVH Cloud, est situé en France
- L’hébergeur n’est pas identifié aux premiers abords
Ensuite, il est nécessaire de déterminer ce qu’est un contenu illicite au sens du RSN.
L’article 3, h) du RSN définit un contenu illicite comme toute information qui, en soit ou par rapport à une activité, y compris la vente de produits ou la fourniture de services, n’est pas conforme au droit de l’Union ou au droit d’un Etat membre, quel que soit l’objet précis ou la nature précise de ce droit.
- Ici, velogreen.fr arnaquait ses consommateurs en vendant des produits sans jamais procéder à leur livraison. De plus, le site a intentionnellement usurpé l’identité de levelographe.fr dans ses mentions légales. Plusieurs incriminations du code pénal pourraient être mis en avant comme l’escroquerie, l’usurpation d’identité.
Ainsi, velogreen.fr produit du contenu qui peut être qualifié d’illicite au regard du RSN.
Ainsi, étant en présence d’un contenu illicite, et le RSN s’appliquant, il est possible d’avancer le mécanisme d’injonction d’agir contre des contenus illicites de l’article 9 dudit règlement. Cette injonction doit être émise par une autorité judiciaire ou administrative compétente. Ainsi, l’injonction doit être émise par un juge (notamment au travers d’un jugement/référé) ou par une autorité administrative compétente, telle que la DGCCRF, à l’issue notamment de signalements répétés via la plateforme SignalConso.
Dès réception de l’injonction d’agir, le fournisseur de services intermédiaires (OVH Cloud & l’hébergeur en l’espère) doit agir dans les meilleurs délais.
Action pénale
Du point de vue d’un site connexe dont les mentions légales ont été copié, comme le cas de levelographe.fr, que faire ?
Le site velogreen.fr a repris dans ses mentions légales le numéro SIREN et l’adresse de levelographe.fr. Cette manigance a créé la confusion chez les consommateurs qui ont redirigé toutes les plaintes vers levelographe.fr, qui n’a aucun lien avec velogreen.fr.
Une telle pratique est susceptible de constituer une usurpation d’identité prévue à l’article 226-4-1 du code pénal. L’infraction repose sur l’utilisation de données permettant d’identifier un tiers, dans le but de porter atteinte à sa considération et de troubler sa tranquillité. Cet article s’applique aussi aux personnes morales.
Matériellement, l’infraction se qualifie par la prise ou l’utilisation d’une ou plusieurs données permettant d’identifier un tiers.
- En reprenant le cas en l’espèce, nous pouvons donc mettre en évidence que velogreen.fr utilise l’identité de l’entreprise levelographe.fr en y reprenant son numéro SIREN, son adresse ainsi que sa fiche Kbis. En somme, les mentions légales sont exactement les mêmes que levelographe.fr sans pour autant être affilié n’y avoir demandé l’accord de l’intéressé.
Moralement, il faut pouvoir démontrer l’intention coupable de l’auteur.
- Il n’est pas difficile de mettre en exergue l’intention coupable de l’auteur. Le site en entier est une arnaque bien élaborée. L’auteur savait par avance qu’il n’allait pas livrer les articles produits, et a usé des informations d’un concurrent (car les 2 sites font de la vente de vélo) pour créer une plus grande confusion et crédibilité. Par le fait de s’approprier l’identité de levelographe, Velogreen porte atteinte à l’honneur et à la réputation du titulaire de l’identité.
Par conséquent, il n’est pas illusoire d’imaginer que dans le cas où des poursuites pénales sont introduites, l’usurpation d’identité puisse être qualifiée.
Comment Vigidomaine aurait pu réduire les dommages subis ?
L’arnaque Velogreen.fr a duré pratiquement 6 mois. Les premières remarques datant de novembre 2025, ce n’est qu’en avril 2026 que le site a fermé. Contrairement au typosquatting « basique » (ex: une lettre en plus, une lettre en moins etc…), velogreen illustre une forme évoluée d’usurpation, au travers d’une similarité lexicale forte, le détournement volontaire des mentions légales pour renforcer la crédibilité, une présence sur le long terme sans réelle alerte immédiate.
Vigidomaine effectue une surveillance continue (et non réactionnaire), aidée par l’IA afin de détecter automatiquement les domaines les plus proches, et ce même si la différence de caractère peut différée (velogreen et levelographe = différence). De plus, nous effectuons une couverture à grande échelle en analysant périodiquement les nouveaux enregistrements de domaine et sur un spectre large de TLD.
Plus détaillé, Vigidomaine peut effectuer des recherches par mots-clés (dans ce cas la, le SIREN), afin d’éviter ce genre de situation découlant de graves conséquences.

Comme constaté, Richard, propriétaire de levelographe, ne se rend compte de la présence du site usurpant qu’après avoir subi un dommage. Vigidomaine peut s’avérer être une solution à ce genre d’escroquerie de plus en plus répandues.
- https://www.quechoisir.org/actualite-arnaque-a-la-vente-de-velo-derriere-velogreen-fr-un-faux-site-qui-fait-de-vraies-victimes-n175402/
- https://fr.trustpilot.com/review/velogreen.fr
- https://www.facebook.com/100070911482762/posts/attention-un-site-frauduleux-velogreenfr-usurpe-le-kbis-de-ma-soci%C3%A9t%C3%A9-le-v%C3%A9logra/867255958981446/
